Au jeu...

, par fongus

Au début, dans mes premières années. Mes personnages étaient toujours trop… tout, trop de voix, trop de physique, trop de puissance. Personnage fort et surtout œillère. Ca mangeait l’autre et ça mangeait le jeu. Quand j’habitais ce genre de personnages. Je ne voyais que sur une vision réduite et je n’entendais pas les propositions de l’autre. Quelques années plus tard, c’était la crise d’égo qui frappait. Mes personnages s’étaient calmés du fait que j’en avais marre de toujours les faires. Je n’écoutais toujours pas et en plus je me croyais bon…
En réalité, et avec le recul je faisais ma crise de l’improvisation. Comme un adolescent je ne voulais plus faire le jeu dans lequel je me trouvais si bien et en même temps, j’étais tellement bloqué dans ce jeu, que je ne proposais rien d’autre. Pas rien de nouveau, juste… rien.
Terrible situation que de se retrouver sur scène et, dans le meilleur des cas, de proposer un truc où je me sentais mal à l’aise et dans le pire des cas j’étais tout simplement muet, non investi… une belle crise de confiance en moi.
Ce qui m’a fait changer c’est que premièrement, j’avais déjà un fond de jeux et il était là, avec les défauts qu’ils pouvaient avoir. Deuxièmement, Il fallait donc que je l’exploite de nouveau pour mieux partir ailleurs. Sans chercher à faire d’autres choses.
Au final, l’année qui suivi, là où mon jeu était plus physique et très investi, il est allé vers la construction naturellement.
Retour de la confiance
Après ces grandes évolutions il y a toujours eu des improvisations bancales. Il y en aura toujours. Ce que je me dis maintenant. C’est qu’il n’y a pas de nécessité à sauver toutes les impros. Si elle est raté, elle est raté, tant pis la prochaine sera mieux. S’il y a un fond d’écoute, je tâche de créer de la relation avec l’autre joueur. Si seulement on m’avait fait comprendre au début ou j’ai commencé l’improvisation, que la relation entre les deux personnages est si importante pour créer une belle histoire. On me la surement dit mais comme je n’écoutais pas…. 
Aujourd’hui lorsque je n’ai pas de caucus la première chose que je fais.
-  Je m’écoute moi. Comment je me sens ? j’ai froid
-  Comment mon personnage à froid, quel action, il fait pour le représenter
-  Je regarde l’autre, quel est l’émotion que j’interprète en lui.
-  Pourquoi il a cette émotion vis-à-vis de moi et comment je l’intègre à mon moi. (Bon pour cette dernière je l’avoue c’est souvent un coup de bol quand ça marche).
-  Je provoque de la réaction pour accentuer ce début de relation
-  Tout le jeu ensuite, sera de réagir et de montrer ma réaction. Cette réaction n’est pas forcément dans une explosion d’émotion systématique. Mais tout de même dans une réaction.
Allez au jeu.

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